Poésie et sagesse · Ancien Testament · 8 chapitres
Le livre du Cantique des cantiques
Le plus beau des chants d’amour
- Auteur
- Salomon (selon le titre, 1:1)
- Écrit
- Vers 960 av. J.-C., probablement au début du règne de Salomon
- Période couverte
- Le règne de Salomon (vers 970–930 av. J.-C.)
- Mot clé
- Amour
Un dialogue poétique entre la Sulamithe et son bien-aimé, ponctué par le chœur des filles de Jérusalem. Tout commence par le désir et la cour (1:1–3:5). Puis vient le cortège nuptial de Salomon et la nuit de noces, où le « jardin fermé » s’ouvre à l’époux (3:6–5:1). Une crise suit : l’épouse ouvre trop tard, le bien-aimé est parti, elle le cherche dans la nuit (5:2–6:3). L’amour est restauré et mûrit (6:4–8:4), jusqu’au cri final : « L’amour est fort comme la mort… les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour » (8:6-7). Un livre qui sanctifie l’amour conjugal et fait entrevoir l’amour de Christ pour son Église.
Thème principal
L’amour conjugal exclusif, ardent et pur, voulu et béni par Dieu ; au-delà, l’image de l’amour indéfectible du Seigneur pour son peuple.
Plan du livre
- Cantique des cantiques 1-2 — L’amour naissant
Désir, compliments et premier refrain : ne pas réveiller l’amour avant l’heure (1:1–2:7).
- Cantique des cantiques 2-3 — Le printemps et la recherche
Le bien-aimé appelle, la bien-aimée le cherche la nuit et le retrouve (2:8–3:5).
- Cantique des cantiques 3-5 — Les noces
Le cortège de Salomon, la beauté de la fiancée et l’union dans le « jardin » (3:6–5:1).
- Cantique des cantiques 5-8 — L’amour éprouvé et restauré
La porte ouverte trop tard, la recherche douloureuse, puis un amour renouvelé et plus mûr (5:2–8:4).
- Cantique des cantiques 8 — Le sceau de l’amour
L’amour plus fort que la mort, la pureté gardée et l’appel final (8:5-14).
Points clés
- Le refrain « Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, avant qu’elle le veuille » revient trois fois (2:7 ; 3:5 ; 8:4) : l’amour a son heure, il ne faut ni le forcer ni l’anticiper.
- La formule d’appartenance progresse : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » (2:16), puis « Je suis à mon bien-aimé » en premier (6:3), enfin « ses désirs se portent vers moi » (7:11) : de la possession à l’abandon confiant.
- Les « petits renards qui ravagent les vignes » (2:15) : les petites négligences qui détruisent un amour en fleur.
- La fiancée est « un jardin fermé, une source fermée, une fontaine scellée » (4:12) : la pureté gardée, ouverte au seul époux le jour des noces (4:16–5:1).
- « Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a point en toi de défaut » (4:7) : le regard de l’époux, écho de l’Église « sans tache, ni ride » (Ep 5:27).
- La crise de la porte (5:2-6) : l’épouse tarde à ouvrir, perd la présence de son bien-aimé et doit le chercher, au prix des coups des gardes (5:7).
- Le bien-aimé apparaît tour à tour comme roi (1:4 ; 3:11) et comme berger (1:7 ; 2:16) ; la bien-aimée n’est nommée qu’une fois : la « Sulamithe » (7:1).
- Le sommet du livre : « l’amour est fort comme la mort… Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour » (8:6-7).
Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Par les gazelles et les biches des champs, Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, Avant qu’elle le veuille.
Prenez-nous les renards, Les petits renards qui ravagent les vignes; Car nos vignes sont en fleur.
Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui; Il fait paître son troupeau parmi les lis.
Jésus dans Cantique des cantiques
Lu à la lumière du Nouveau Testament, le Cantique annonce le « grand mystère » de l’union de Christ et de l’Église (Ep 5:31-32). Jésus est l’Époux (Mt 9:15 ; Jn 3:29) qui voit son épouse « toute belle », sans défaut (4:7 ; Ep 5:27), qui frappe à la porte pour la communion (5:2 ; Ap 3:20), et dont l’amour, plus fort que la mort, s’est prouvé à la croix. Le livre fait soupirer après les noces de l’Agneau (Ap 19:7).
Le savais-tu ?
- Le nom de Dieu n’apparaît pas clairement dans le livre : la seule allusion est l’expression traduite « une flamme de l’Éternel » (8:6), qui contient en hébreu la forme abrégée « Yah ».
- « Cantique des cantiques » est un superlatif hébreu, comme « Saint des saints » : c’est « le plus beau des cantiques » parmi les « mille cinq » que composa Salomon (1 R 4:32).
- Dans le judaïsme, le Cantique fait partie des cinq « rouleaux » lus aux grandes fêtes : on le lit à la Pâque, fête de la délivrance et du printemps (cf. 2:11-13).
Quiz sur Cantique des cantiques
Selon le titre du livre (1:1), à qui le Cantique des cantiques est-il attribué ?
Le titre porte : « Cantique des cantiques, de Salomon. » Salomon est aussi nommé plus loin (3:7 ; 8:11). Cantique des cantiques 1:1
Quel refrain la bien-aimée adresse-t-elle à plusieurs reprises aux filles de Jérusalem ?
« Je vous en conjure, filles de Jérusalem… ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, avant qu’elle le veuille. » Le refrain revient en 3:5 et 8:4. Cantique des cantiques 2:7
Selon 8:7, qu’est-ce que « les grandes eaux » ne peuvent pas éteindre ?
« Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeraient pas. » Cantique des cantiques 8:7
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